Jeudi 05 Janvier 2006

Lettre d'Arnaud au Parisien

Permalink 10:12:01, Catégories: Zy'Va à la une  

Versailles, le 25 décembre 2005

A l’attention de Monsieur Choulet,

Monsieur,

J’ai été déçu - voir même un peu choqué - par la manière dont « l’arbre de Noël » organisé par l’association Zy’Va a été traité dans les colonnes de votre journal en date du 19 décembre. Je cite le titre de l’article en question : « Les Musulmans de la cité fêtent Noël » J’imagine qu’insister sur le contraste religieux est plus vendeur. Cependant, je pense qu’aucune préoccupation mercantile ne devrait pouvoir justifier un traitement de l’information qui peut être dommageable et blessant pour les personnes concernées.
 
En effet, cela n’a l’air de rien au premier abord, mais si on y regarde de plus près, on se rend très vite compte que ce genre de présentations ne fait que renforcer la mise à l’écart des habitants de ces quartiers. Pourquoi les renvoyer sans cesse à leurs origines ?! Pourquoi les considérer comme des citoyens à part ?! La majorité de ces familles ne sont-elles françaises à part entière ?!

Lorsque je lis votre article, je comprends mieux les propos récents de Djamel Debbouze concernant ces enfants de la 2ème ou 3ème génération : « Ici on les appelle les émigrés, là-bas on les appelle les migrés, alors elle où est leur place ?! Au milieu de la Méditerranée ?! Et pour ceux qui ne savent pas nager ?! » La presse détient un très grand pouvoir, notamment celui de changer les mentalités. En tant que détenteur de ce pouvoir, et après les événements tragiques du mois de novembre, je pense qu’il est essentiel que vous soyez plus que jamais vigilant vis-à-vis de ce genre de « dérapage. »

Je suis bénévole au sein de cette association absolument formidable, et je n’ai jamais remarqué la moindre mise en avant de la religieux: ni lors des séances de soutien scolaire, ni lors des débats organisés par l’association, et encore moins lors de cet arbre de Noël, que j’ai trouvé tout simplement génial, et qui croyez moi ressemblait beaucoup plus à un excellent moment passé entre amis qu’à une réunion religieuse.


Cordialement

Mardi 03 Janvier 2006

Le Parisien pris en flagrant délire…. suite

Permalink 10:59:26, Catégories: Zy'Va à la une  

Pour la douzième année consécutive, Zy'va a organisé sa traditionnelle soirée "Arabe de Nawel" ce samedi 17 décembre aux Pâquerettes. Autour d'un repas festif et fraternel, de nombreux acteurs de terrain était réunis, sans distinction d'origine, de religion ou de couleur de peau.

Aussi, Zy'va ne peut que s'indigner du titre racoleur choisi par le journal pour illustrer le reportage réalisé à cette occasion : "Les musulmans de la cité fêtent Noël". Le journal prétend même que le quartier des Pâquerettes est "en majorité musulman"!

Alors que cette soirée a rassemblé une foule cosmopolite, à l'image du visage de la société française actuelle, pourquoi y mêler des supposées appartenances religieuses? Quand la société française assumera-t-elle la diversité et le métissage qui font toute sa richesse?

Face aux dérives sémantiques répétées des médias et des politiques, Zy'va dis stop.

Stop aux formules ravageuses, aux raccourcis et aux amalgames entre le patronyme, la religion ou les origines ethniques.

Stop aux images stéréotypées trop souvent véhiculées par les médias et les politiques qui stigmatisent les banlieues et leurs habitants.

A l'heure où les inégalités et les discriminations à l'emploi ou au logement sont montrées du doigt, cette forme de discrimination est sans doute la plus dangereuse. Insidieuse, elle contribue à entretenir les préjugés dans l'inconscient collectif et à les banaliser. Alors que la France traverse une crise identitaire, elle gangrène la société en exacerbant l'instinct gregaire et constitue un véritable facteur de trouble à l'ordre public.

Vivre ensemble dans l'harmonie et le respect mutuel n'est pas une utopie républicaine, c'est une réalité au Petit Nanterre depuis plus de 10 ans.

Les médias et les politiques nous offriront-ils enfin un sursaut civique pour la nouvelle année? A défaut, l'extension des sanctions pénales aux dérives sémantiques pourraient les inciter à prendre ce chemin…

 
Républicainement vôtre,

 
Vous pouvez continuer à écrire au Parisien et nous envoyer par mail le double de votre courrier.

Zy’va va interpeller la H a l d e (Haute autorité de lutte contre les discriminations) et porter plainte contre le Parisien pour diffamation.

 
Zy'va

 

Le journal le Parisien pris en flagrant délire...

Permalink 10:53:52, Catégories: Zy'Va à la une  

Vous savez sans doute que Zy’Va organisait son traditionnel Arabe de Nawel ce samedi 17 décembre et ce pour la 12ème année consécutive. Il s’agit pour l’équipe de Zy’Va et ses partenaires de se retrouver autour d’un repas fraternel et de démontrer que le vivre ensemble est possible contrairement à ce que disent certains. Aussi durant cette soirée, qui reste tout de même inoubliable, un journaliste du Parisien était parmi nous pour faire un reportage sur cette rencontre festive où toutes les composantes de notre société civile étaient parmi nous : blanc, blanc beurs, et même jaunes…
Et devinez quel titre donne le Parisien à cet article ???
« Les musulmans fêtent Noël » !!!!!!!!!!!
Voici donc comme les journalistes désignent des acteurs de terrain et les nombreux bénévoles qui agissent au quotidien à Zy’Va.
Ainsi donc pour certains, le fait que des dirigeants associatifs s’appellent Ameziane, Hafid ou Houria signifie qu’ils sont musulmans avant d’être français… L’article affirme même que le quartier est à majorité musulman !!!
Pourquoi vouloir enfermer des militants ou tout un quartier dans de supposées appartenances religieuses ???
Nous sommes pour la plupart d’entre nous français et fiers de l’être !
Alors certes nous pouvons tous disserter et réfléchir sur les maux de la ville, et les raisons de cette violence, mais attardons nous aussi sur les mots utilisés par certains médias  pour désigner des êtres qui ne demandent qu’à être perçus comme des français à part entière et pas comme des indigènes venant de nulle part. Le mal être dans les villes est certes causé par un système produisant de l’inégalité, mais aussi par ce terrible boomerang que les médias et certains politiques nous renvoient sans cesse (origine, religion, couleur de peau…).
Alors si comme nous, vous vous sentez touchés par cet article, écrivez donc au Parisien et dites leur que leur journal est facteur de trouble à l’ordre public… on compte sur vous !!!
 

Monsieur CHOULET
Le Parisien
Edition des Hauts de Seine
25 rue A Michelet
93408 Saint Ouen

Lundi 19 Décembre 2005

Le petit Nanterre fête Noël

Permalink 11:02:08, Catégories: Zy'Va à la une  
Nanterre/Les Pâquerettes
Les musulmans de la cité fêtent Noël
 
 

SAMEDI soir, jusqu'à tard dans la nuit, les habitants de la cité des Pâquerettes à Nanterre ont fêté Noël. « Nawel » plus exactement, puisque la fête a été rebaptisée du nom suivant : « Arabe de Nawel », en clin d'oeil à l'« arbre de Noël » dans ce quartier en majorité musulman. L'événement était organisé par Zy'va, une association de soutien scolaire qui, depuis sa création il y a un peu plus de dix ans, dynamise le quartier. Aux alentours de 19 heures, les habitants du Petit Nanterre ont donc pris le chemin de la maison de l'enfance. Au programme de ce Noël très oecuménique : un copieux repas, un DJ et un karaoké, une danseuse orientale, la pièce de théâtre des jeunes de Zy'va - qu'ils ont jouée cet été au festival d'Avignon - et beaucoup de musique.

470 paquets cadeaux

Mourad a 17 ans ; il fréquente l'association depuis les débuts : « Je viens à Zy'va presque tous les soirs faire mes devoirs. La première fois que j'ai fêté Noël avec les gens du quartier, j'avais 7 ans, c'était dans une toute petite salle. Les musulmans ne fêtent pas forcément Noël. Ici, je me souviens, le président de l'association s'était déguisé en Père Noël et ils nous a offert des cadeaux. Il y avait une cinquantaine de personnes. » Depuis, la fête a pris de l'ampleur. Samedi soir, il y avait 500 personnes. Des adultes, des jeunes, des tout-petits. Loubna a 9 ans. Samedi soir, elle attendait déjà ses cadeaux avec impatience : « Chez moi on fête Noël. J'ai demandé un lapin. Je sais que le Père Noël n'existe pas, mais Noël c'est quand même tellement bien... » A côté d'elle, Mira, une maman de religion musulmane, profite de l'ambiance : « J'ai expliqué à ma fille le sens chrétien de Noël, comme je lui explique ce qu'est le ramadan ou l'Aïd. Pour Noël, j'offrirai des jouets à ma fille parce qu'à l'école ses copains, copines ont des cadeaux et je ne veux pas qu'elle se sente en retrait... ». Mais pas besoin d'attendre le 25 décembre pour les enfants du quartier. Le Père Noël de Zy'va a pensé à eux. Dans sa hotte, des livres, des DVD, des cassettes vidéo, des jeux de société et des peluches pour les plus petits... C'est Nathalie qui a fait les 470 paquets cadeaux, deux jours de suite jusqu'à 2 heures du matin. Pour les bénévoles de Zy'va, comme Nathalie, Noël est aussi l'occasion de se retrouver et de faire la fête. Ils étaient d'ailleurs très nombreux à être venus. Samedi soir, avant qu'ils ne chantent au micro, les jeunes et les habitants du quartier les ont longuement applaudis.

 

  

Matthieu Pelloli
Le Parisien , lundi 19 décembre 2005

NANTERRE, CITE DES PAQUERETTES, SAMEDI SOIR. Le Noël à la maison de l'enfance a regroupé environ 500 personnes, avec karaoké, une danseuse orientale, et un spectacle de théâtre des jeunes de l'association Zy' va.   (LP/MATTHIEU PELLOLI.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeudi 17 Novembre 2005

A Nanterre, l'association Zy'va reconstitue le tissu familial pour apaiser les esprits

Permalink 13:56:54, Catégories: Zy'Va à la une  
Pourquoi, quand des dizaines de cités brûlaient, le quartier des Pâquerettes n'a pas bougé.
 
Cécilia Garbizon
[17 novembre 2005]
Le Figaro

 

POURQUOI des quartiers réputés «chauds» ne se sont pas embrasés ? La paix se révèle plus subtile à déchiffrer que l'émeute. Influence des trafiquants, soucieux d'opérer en paix ? Emprise d'un islam rigoriste, qui cautionne la ségrégation ethnique ? Parfois. Mais les parents restent les premiers éducateurs. Là, où les familles sont impliquées et soutenues, «ça va mieux», relatent travailleurs sociaux et leaders associatifs. «et cela change tout», «Les jeunes savent que l'on connaît leurs parents, ils biaisent moins», «complicité culturelle».


explique le directeur, qui refuse, dans un quartier majoritairement peuplé de Maghrébins, de fonctionner sur une assure Hafiz Rhamouni, fondateur et directeur de cette structure, qui fonctionne avec 400 000 euros par an. Au lieu d'offrir une aide segmentée, concentrée sur un public, l'association vise la famille dans sa globalité. A Nanterre (Hauts-de-Seine), dans la cité des Pâquerettes, l'association Zy'va accueille depuis douze ans mamans et adolescents ensemble, «Nous ne sommes pas au bled. Nous enseignons les moeurs françaises.» A terme, malgré des résistances, les jeunes apprécient de voir leurs mères «s'épanouir, se normaliser».


L'émancipation des mères

s durant, ces femmes n'auront été que des silhouettes dans la cité, pressées d'aller travailler, de rentrer, de nourrir leurs familles, souvent cantonnées à la maison le soir. «Les maris ne nous laissaient pas traîner dehors, raconte Hakima, en France depuis trente ans. Avec Zy'va, ils ont confiance, on a la liberté. On fait des sorties et on s'amuse.» Meriama, 46 ans, l'approuve d'un rire complice. En arrêt maladie depuis un an, elle «s'ennuie beaucoup à la maison. Heureusement, je prends des cours de français avec Zy'va», raconte cette Algérienne, qui connaît tous les jeunes du quartier.


Une connivence rare, qui tranche avec le fossé entre générations observé ailleurs. Certains adolescents sont là, pressés de se mêler de la conversation, à l'aise avec ces adultes qu'ils fréquentent dans le local de l'association où ils reçoivent un soutien scolaire, comme 280 adhérents de 6 à 20 ans. Oualid, 14 ans, met son grain de sel avec humour. «Ici, tout le monde engueule les jeunes qui traînent le soir : les mamans, même nous. Il faut arrêter de parler de grand frère, ça fait terroriste. Nous sommes juste des citoyens», lance-t-il, couvé du regard par quatre mamans souriantes. Avec la sienne, il parle rarement : «C'est juste bonjour, au revoir, le respect quoi.» Sans Zy'va, Oualid, qui a des difficultés à l'école, aurait probablement décroché.


Comme Mourad, 16 ans, qui montre d'une main «l'échec scolaire» et de l'autre «les tentations, des copains qui te proposent de gagner de l'argent facilement». Il vient de comprendre, «trop tard», qu'il jouait son destin dans ces salles de classe. «En primaire, tu peux chahuter et suivre. Après t'es largué et tu souffres. Je souffre.» Depuis Mourad regarde vers le large, au-delà de la cité : «Il ne faudrait pas nous mettre dans les mêmes classes. Je m'en fous d'aller loin pour étudier. Au contraire, ce serait l'occasion de se créer une autre image, de réussir.» Les mères connaissent les soucis de la ZEP, ces écoles «pour Arabes, que les Français ont désertées». Pour autant, elles ne cèdent pas à la fatalité. Elles dépeignent un avenir à l'image de leur vie, «en amélioration». Cet horizon éclairci explique pour une bonne part le calme des derniers jours aux Pâquerettes quand d'autres cités brûlaient. «Plutôt que de traîner, on va à Zy'va. Y'a de l'ambiance. On y rencontre tout le monde, même les instituteurs !»


Lundi 14 Novembre 2005

Zy'va, l'association qui adoucit la cité

Permalink 11:04:26, Catégories: Zy'Va à la une  

Paru dans le Parisien le : 12/11/2005

L'événement
C'EST UN SACRÉ CLIN D'OEIL à l'histoire de ces quinze derniers jours. A l'association Zy' va, dans la cité des Pâquerettes à Nanterre, les jeunes du quartier discutent devant une plaque sur laquelle apparaît le nom de Nicolas Sarkozy.
C'était en septembre 2004, le président du conseil général du 92 était venu célébrer les 10 ans de Zy' va. Dix ans déjà, et les habitants du Petit-Nanterre n'imaginent plus s'en passer.
Ici, tout le monde connaît Zy' va. Chacun y est attaché. L'association, qui propose avant tout du soutien scolaire, est fréquentée régulièrement par plus de 200 jeunes. Ceux qui y sont passés, comme Aziza, reviennent y donner un coup de main et rendre un peu de ce qu'ils ont reçu.
Ici, au Petit-Nanterre, si le quartier est resté calme, Zy' va n'y est sans doute pas pour rien. La structure participe de ce tissu associatif qui améliore le quotidien dans les quartiers défavorisés.
L'association disperse ce terreau sur lequel les mauvaises herbes de la violence dans les cités ont plus de mal à pousser. Avec en prime un joli pied de nez aux idées reçues et aux amalgames des derniers jours : non, la délinquance n'est pas un mal endémique dans les cités.
« Brûler
des écoles,
c'est de la folie »

Ici, le « Sarko » haï des émeutiers redevient un ministre de l'Intérieur et un président du conseil général dont les jeunes débattent calmement des choix de vocabulaire. Ce qui n'exclut pas la critique, mais constructive, et argumentée. Ouali, 16 ans, a toujours en travers de la gorge les « Kärcher » et « racailles » du ministre de l'Intérieur : « C'était vraiment de la provocation ! » Mais l'adolescent sait aussi se faire critique envers
les émeutiers, tout comme Houria, 18 ans : « Brûler des écoles, c'est de la folie furieuse. »
Ameziane Abdat, le président de Zy' va, n'hésite pas non plus à se montrer sévère envers les émeutiers : « Il faut appeler un chat un chat. Aujourd'hui il y a des choses qui ne vont pas.
Des jeunes de 16 ans chefs de famille, ça n'est pas normal. Le fait qu'une simple intrusion de la police dans certains quartiers soit vécue comme une provocation, c'est une des situations qui ne peuvent plus durer... »
Mais les associations comme Zy' va, en première ligne au contact des difficultés, ont encore du pain sur la planche. Surtout qu'en discutant avec les jeunes apparaissent d'autres raisons moins glorieuses et plus inquiétantes au calme relatif de certains quartiers. Des « grands frères », pour préserver leurs intérêts dans les trafics de drogue, y font régner un ordre qui n'a rien de républicain. « Certains ont voulu se faire remarquer.
Les grands ont dit que ça ne servait à rien, qu'il valait mieux ne pas attirer la police... » explique un jeune qui a assisté à la scène. Ce type de comportement existe dans d'autres quartiers des Hauts-de-Seine, comme aux Grèves à Colombes. Là non plus, aucune voiture n'a brûlé. Quoi qu'il en soit, pour de bonnes et quelques mauvaises raisons, les cités de Nanterre n'ont pas fait parler d'elles.
Cité des Pâquerettes, pour définir Zy' va, si les habitants égrenaient la fleur dont leur quartier porte le nom, c'est sur « passionnément » qu'ils choisiraient de s'arrêter.


Matthieu Pelloli

Partir pour réussir, le dilemme des habitants des cités

Permalink 10:50:19, Catégories: Zy'Va à la une  

Banlieues. Enquête

Partir pour réussir, le dilemme des habitants des cités

Si certains d'entre eux s'estiment contraints de quitter leur quartier pour s'intégrer, d'autres assurent que l'on peut y rester ou y revenir par affection et solidarité.

par Didier ARNAUD et Gilles WALLON
QUOTIDIEN Libération : samedi 12 novembre 2005

Cesser d'être «un parmi les autres». Sortir des statistiques qui englobent tous les habitants des cités sensibles dans le schéma de l'échec. Quitter sa cité serait donc dans la logique des choses quand on a réussi. Mais ce mouvement-là n'est pas une évidence. La cité agit encore comme un aimant même plusieurs années après l'avoir quittée. On s'en va d'un coup. On y revient et on reste en contact. On en part, mais elle nous rattrape.

26 ans, chargée de fabrication dans l'audiovisuel, la rupture a été brutale. Il lui fallait aller dans un endroit où elle avait «le choix». «Je devais en partir parce que là-bas il n'y avait rien», dit-elle. Pas déçue d'avoir lâché Vernouillet (Eure) pour Paris. Au début, elle revenait de temps en temps dans sa cité, mais elle n'allait plus voir les gens qu'elle connaissait. «Même mes parents, qui sont âgés, on a réussi à les faire partir», raconte-t-elle. Pour elle, l'intégration n'a pas posé problème. «On s'intègre, si on a envie de s'intégrer.» Mais il faut mettre «toutes les chances de son côté». «J'avais une copine qui avait décidé de porter le voile, c'était logique : je pensais qu'elle aurait du mal.» Si ceux qui s'en sortent sont l'exception, c'est que, selon elle, les gens sont «trop aidés». Cela ne les incite pas à se remuer suffisamment. Elle regrette enfin qu'on ait parqué tous ces gens d'origine étrangère «au même endroit». Pour que ça s'améliore, il faut revoir «tout le système», prendre les problèmes, en même temps, pas un par un.

«Il n'y a plus les bords du ring»

Linda, 39 ans, n'a pas attendu. Elle a déménagé voilà dix ans. Pour elle, le mouvement est inéluctable. Partir de sa cité de Pantin, acheter un appartement, dans le centre ville de Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis : «Quand on avance», c'est, dit-elle, une évidence. Avant, elle enseignait la boxe, parce qu'elle trouvait le sport «salutaire». Désormais, elle est comptable. Peut-elle aujourd'hui avoir un regard extérieur sur ce qui se passe dans les cités ? «C'est autre chose qui a pris naissance. Je ne sais pas si cela a un rapport avec les jeunes des cités d'avant. Là, c'est atypique, cela n'a plus de sens.» Elle dit qu'«il n'y a plus les bords du ring», observe «un manque d'encadrement partout». Ses solutions pour que cela s'améliore ? «Mettre la pression sur les parents, les enfants n'ont rien à faire dehors le soir», mais aussi installer des gens plus mûrs. Linda reste optimiste. «J'ai de l'espoir, dans le sens où ce sont des très jeunes. Ils ne sont pas finis, on peut les remettre sur une voie normale.»

C'est d'ailleurs parce qu'il est père qu'Ameziane, 43 ans, a franchi le pas. Pourtant, la «question de partir ne s'était jamais posée» à cet employé d'une société d'audit. S'il a quitté les cités de Nanterre, puis de Colombes (Hauts-de-Seine), c'est simplement parce que ses filles allaient être affectées à un collège ZEP. «J'aspire à une vie meilleure, mais je ne renie pas d'où je viens.» Ameziane préside l'association Zy'va, qui fait de l'accompagnement scolaire dans le Petit-Nanterre. «Si j'ai réussi, c'est grâce à moi, mais aussi par des rencontres. Seulement, ces rencontres, ce n'est pas en restant dans le quartier qu'on les provoque.»

C'est pour sa fille aussi que Georges est allé habiter à la campagne. «Au bout d'un moment, ce n'est plus une vie de dire à ta gamine de ne pas jouer dehors. T'es pas plus fier que cela. Mais tu fuis.» Pour Georges, ceux qui restent sont ceux qui «ne peuvent pas faire autrement». Eux n'ont pas le choix. Lui a grandi dans les cités du centre-ville de Bobigny (Seine-Saint-Denis). En 1998, il a voulu s'en éloigner pour accéder à la propriété. Il a déménagé à côté de Soissons (Aisne) à cause d'un trop-plein de choses «négatives». Faire tout le temps «attention», à l'ambiance «pesante». «Là, j'ai pas mon voisin alcoolo qui m'ennuie, des fumeurs de chichon dans le hall, je ne râle plus quand ma boîte aux lettres est cassée.» Les violences urbaines ne l'étonnent pas. Depuis longtemps, il voit ces gens se mobiliser en vain pour avoir plus de moyens, obtenir qu'on les écoute. «Là, c'est du défouloir. Cela va laisser des traces profondes.» Sa fille revient dans le département pour faire du théâtre. Lui-même n'a pas tout à fait quitté Bobigny où il vient travailler tous les jours au conseil général. Et il lui manque toujours tout ce qui fait «la solidarité» des cités : en vrac, les acras de sa voisine, la fête de l'Aïd, la quête pour aider une veuve, les activités proposées pour les enfants...

«Si c'était possible, beaucoup des personnes originaires des cités et qui ont réussi préféreraient construire un petit pavillon entre deux barres d'immeuble, pour avoir du confort sans quitter le quartier.» Cédric Nadotti, 30 ans, aujourd'hui directeur d'une entreprise de gestion des déchets à Aulnay-sous-Bois, rêve tout haut. Enfant de la cité des 4 000 à La Courneuve, il a été repéré dans son quartier par le ministère de la Cohésion sociale. Avec d'autres «Talents des cités», il a été reçu mercredi, au Sénat. Il venait y affiner son projet professionnel. Pour Cédric, partir de la cité était une question d'espace. Le besoin d'un logement plus grand l'a fait émigrer au centre ville d'Aulnay-sous-Bois. «C'est logique de partir. Qui a envie de vivre entassés, les uns sur autres ?» Mais ce jeune entrepreneur passe encore beaucoup de temps dans les cités. Ses bureaux s'y trouvent.

Louiza Bensaid sait aussi que «c'est inscrit comme ça dans les mentalités. Celui qui réussit part de la cité». Dans ce cas, y rester est presque atypique. Voire affectif. Louiza (également lauréate «Talents des cités») va monter un salon de thé dans sa cité de Woippy (Moselle). Souvent, ses amis qui ont franchi le pas lui demandent : «T'es toujours là alors que t'as les moyens de partir, pourquoi tu restes ?» En tant que mère, elle n'est pas satisfaite de l'endroit où elle vit. «Mais j'aime les gens qui sont ici. C'est pour ça que je veux créer quelque chose dans la cité pour l'améliorer.» Son frère, lui, est parti.

Comme toute la famille de Luisa Baïtiche. Aujourd'hui, ils sont dans le Gers. Elle est restée vivre dans sa cité de Pantin et travaille dans une autre comme psychologue scolaire. Le travail de Luisa est ici. Il y règne une «grande misère sociale». Elle ne regrette rien. Elle a des «avantages culturels». Elle est près de Paris. Son quartier ? «Pas si terrible qu'on croit, un appartement spacieux, pas cher, c'est un avantage pour que je reste.» Depuis le début des violences, c'est vrai, ils ont arrêté les transports en commun à 20 h 30 et elle rentre à pied chez elle. Parfois même à 1 heure du matin. Elle n'a pas peur. Elle connaît.

C'est aussi par attachement à son quartier que Mustapha Yildiz, 25 ans, est resté à Cenon, près de Bordeaux. Il ne souhaite même pas tenter l'expérience du déménagement. «J'arriverais pas à me sentir chez moi. Là où j'habite, les gens avec qui je suis savent que si j'ai réussi c'est parce que j'ai travaillé deux fois plus. Alors ça peut servir d'exemple.» Son entreprise de BTP marche bien. Mais il reste sceptique : «Lorsqu'un jeune de banlieue déménage, ses nouveaux voisins s'interrogent : "C'est pas normal cet argent, il a fait du trafic."»

Quartier plus bourgeois, «hypocrite»

Elle est tenace, l'étiquette banlieue. Hinde Magada en sait quelque chose. Après son mariage, cette responsable d'une agence de secrétariat à distance a quitté Tomblaine, en Lorraine, pour le centre-ville de Nancy. Mais ça s'est mal passé avec les nouveaux voisins. Un quartier plus bourgeois, plus «hypocrite» aussi que ce qu'avait connu cette femme à la voix douce. «On nous faisait des sourires, mais, quand mon mari essayait sa nouvelle voiture avec un de ses copains, il a été contrôlé par la police. C'étaient les voisins qui avaient appelé. Après six mois, on a décidé de revenir en banlieue.» Pas question pour elle de se sentir «victime». Elle a commencé par des ménages, travaillé à l'usine. «J'ai toujours utilisé ce que j'avais dans le présent afin d'en faire un tremplin. Avec de la volonté, on peut oublier les difficultés et avancer.» Hinde avoue même : «J'étais heureuse de revenir.» Chez elle, finalement.

 

Jeudi 03 Novembre 2005

Infos Zy'Va

Permalink 14:34:42, Catégories: Les actualités  
 
Le mardi 29 novembre dès 17h00 : Rencontre Ecole-Famille-Bénévole autour d'un thé.
Le mardi 6 Décembre : Zy'va Débat sur le thème de l'Entrepreneuriat des quartiers et les discriminations dès 19h00.
Le samedi 17 décembre : Soirée arabe de Noël dès 19h00, repas équipe à 19h00 puis après 20h30, c'est la fiesta !

 

Mardi 11 Octobre 2005

SOS : Prix de la solidarité reader'digest mobilisation générale. VOTEZ

Permalink 00:25:15, Catégories: Zy'Va à la une  
Nous sollicitons votre coup de pouce, afin de récolter 10000 euros et des encyclopédies, pour cela rien de + simple courez acheter le reader'digest du mois d'octobre, sur la page 13 de cette revue figurent zy'va et plein d'autres qui aident les gens simplement, mais sûrement. En votant (de préférence pour zy'va), vous faites une B.A (bonne action) et vous encouragez ainsi les associations qui oeuvrent pour le mieux vivre ensemble.......
 
PS : Le reader' digest est en vente en librairie et dans quelques boucheries.... et la date d'envoi de votre bulletin de vote est fixée au 29 octobre... alors vite, on compte sur vous !!!
 

Lundi 10 Octobre 2005

Nouveau blog

Permalink 16:07:39, Catégories: Le blog  

Le blog change de look et de fonctionnalités !

Le blog précédent, ouvert juste au début des vacances scolaires, contenait certains messages de l'association. Aujourd'hui bien plus de possibilités sont présentes :

  • Tout le monde peut s'inscrire et avoir son blog perso.
  • Les nouveaux inscrits peuvent écrire un message soit dans "Le journal de Zy'Va", soit dans leur blog perso ou dans les 2 blogs en même temps.
  • Dans un premier temps, les messages ne seront pas publiés tout de suite, et seront validés par des administrateurs car le blog est ouvert à tous sur internet.
  • L'écriture de messages est simple et s'effectue comme avec Word.
  • et bien d'autres choses à découvrir ...

 

<< Page Précédente :: Page suivante >>

Septembre 2010
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
<< <     
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      

Le blog de Zy'Va

Les nouvelles de l'association, actualités, infos en tout genre.

Rechercher

powered by
b2evolution